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Juvardeil (49330) - Église Notre-Dame : Présentation et Cloches.

Photo du rédacteur: Le Sonneur des CarillonsLe Sonneur des Carillons


La Commune

Pour cette découverte, sortons de notre Val de Loire pour nous rendre à Juvardeil, au nord du département du Maine-et-Loire.

Peuplée d'environ 830 juvardeillaises et juvardeillais, la bourgade fait partie de la communauté de communes des vallées du Haut-Anjou.

Grâce au dictionnaire du Maine-et-Loire de Célestin PORT, nous connaissons les différents noms qui ont existé depuis le IXe siècle. Comme il y en avait beaucoup, je vais vous en énumérer quelques-uns : Villa-Gavardelium, Juvardeullium, Gavardolium, Gavardeil, Javardolium, Chevardé et Juvardé.

Au XIXe siècle, il y avait un moulin à tan et trois moulins à blé et les bateaux en bois appelés gabares ou chalands naviguaient sur la rivière.

Aujourd'hui, Juvardeil est un village agréable à visiter, les bords de Sarthe invitent à une promenade bucolique. 

Quelques monuments font la richesse patrimoniale de la commune, le château de la cour de Cellières remanié en grande partie au XVIIIe siècle, la gentilhommière de la Cadière et le logis de la Poitevinière construits tous deux au XVIe siècle, le château de la Buronnière et l'église Notre-Dame.


L'église Notre-Dame

Bâtie en forme de croix latine, cette imposante église néo-gothique fut élevée entre 1857 et 1860. Remplaçant une ancienne église démolie en 1855, l'édifice actuel est l'œuvre des architectes DELESTRE et COUTAILLOUX. 

Il s'agit du monument le plus important de la commune avec sa tour qui domine les toits.

Le clocher fut endommagé par la foudre et dut être réparé en 1894, un an après la fonte des cloches.

Certains vitraux ont été financés à la fin du XIXe siècle par des personnalités de la commune, comme Pierre LANGLAIS, maire de l'époque, Léon FRUCHAULT, curé de l'église et une certaine mademoiselle PORTAIS. 

L'église abrite deux éléments de mobilier inscrits à l'inventaire des monuments historiques : une boîte aux saintes huiles en argent datant de 1779 et un reliquaire en métal également du XVIIIe siècle.

Selon Célestin PORT, la chaire à prêcher de l'ancienne église fut transférée à Étriché. 


Pour accéder au clocher, il faut se rendre à la base de la tour pour emprunter un premier escalier en bois menant à la tribune. Un second escalier plus raide nous emmène vers une grande pièce sous le beffroi. Pour finir, il nous faut gravir une haute échelle en inox pour pouvoir admirer les cloches.



Les Cloches

Passons enfin au sujet principal, les cloches. Aujourd'hui, la sonnerie de l'église Notre-Dame est composée de quatre cloches formant un accord joyeux. 

Avant de nous intéresser aux dames d'airain actuelles, revenons légèrement dans le passé. Le bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord raconte qu'une cloche a été fondue en 1764 par Nicolas GUICHARD, membre d'une grande famille de fondeurs de cloches originaires de la Haute-Marne. 

Selon l'enquête campanaire de Joseph BERTHELÉ, les GUICHARD auraient fourni quelques cloches pour les Deux-Sèvres et la Vienne. Nicolas, fils de Claude, aurait habité à Chaumont-la-Ville. Dans cette famille, il y avait aussi François qui aurait fondu des cloches pour Saint-Savin et Craon dans la Vienne et Charles qui travaillait en Poitou de 1767 à 1775.

Aujourd'hui, cette cloche n'existe plus.

Le 28 mars 1893, un nouvel ensemble campanaire de quatre cloches est livré par la fonderie mancelle d'Amédée BOLLÉE. 

Elles ont été bénites par l'évêque d'Angers, monseigneur François-Désiré MATTHIEU ou MATHIEU et Léon FRUCHAULT, curé de Juvardeil. 

La grande fut nommée "Jeanne-Lucienne-Marie" par ses bienfaiteurs, les familles NEVEU, BEAUSSIER et HUET, l'abbé LEMOINE et les paroissiens.

La seconde, "Marie-Thérèse" par sa bienfaitrice, mademoiselle PORTAIS.

La troisième, dont le nom est malheureusement incomplet, "Georgette-Justine-?" par un certain couple DUBOIS.

Pour la petite, elle fut nommée "Léontine-Joséphine" par Léon FRUCHAULT.

Ces cloches forment ce que l'on appelle un "accord majeur complété" en Fa3, Sol3, La3 et Do4.

Les archives départementales de la Sarthe racontent que BOLLÉE a également fourni les moutons ainsi que les cordes : deux de 50 pieds pour les grandes cloches et deux de 60 pour les petites.

Découvrez-les dans le reportage vidéo et dans l'inventaire ci-dessous.



Le Reportage



La Cloche 1

Nom : "Jeanne-Lucienne-Marie", Fondue en 1893 par Amédée. BOLLÉE fils aîné successeur au Mans (72), Note et Octave : Fa3, Poids fourni : 786, 5 kg, Diamètre fourni : 1093 mm.

Inscriptions

Décors

- L'AN DE N. S. 1893, MGR FRANÇOIS DESIRE MATTHIEU EVEQUE D'ANGERS, LEON FRUCHAULT CURE DE JUVARDEIL, PIERRE LANGLAIS MAIRE, - ☛ FABRICIENS M M : LEGUERET, LANGLAIS VICTOR, TOUCHET FR, DESLANDES ET GODIN, J'AI ETE BENITE POUR L'EGLISE DE JUVARDEIL ET NOMMEE JEANNE - ☛ LUCIENNE MARIE. BIENFAITEURS  : FAMILLES NEVEU, BEAUSSIER, HUET, ABBE LEMOINE ET LES PAROISSIENS. - Bas de la robe : FONDERIE DE BOLLEE (médaille) AU MANS - Bas de la robe : AMEDEE BOLLEE FILS AINE SUCCESSEUR - Panse : FA

-Anses : classiques, caractéristiques de la fonderie BOLLÉE du Mans. -Haut des insciptions : frise végétale 2 filets. -Bas des inscriptions : 2 filets et une frise végétale. -Face sud-est : croix latine. -Face nord-est : clés de Saint-Pierre. -Face nord-ouest : iconographie d'une Vierge. -Face sud-ouest : Sacré Cœur. -Bas de la robe : 1 filet, nom de la fonderie, 1 filet, frise végétale, 1 filet, nom du fondeur, 1 filet et pour finir, plusieurs croix de consécration. -Panse : 2 séries de 3 filets (1 petit, 1 gros et 1 petit).



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La Cloche 2

Nom : "Marie-Thérèse", Fondue en 1893 par Amédée. BOLLÉE fils aîné successeur au Mans (72), Note et Octave : Sol3, Poids fourni : 547 kg, Diamètre fourni : 966 mm.

Inscriptions

Décors

- L'AN DE N. S. 1893, MGR MATTHIEU EVEQUE D'ANGERS, L FRUCHAULT CURE, J'AI ETE BENITE POUR LA PAROISSE DE JUVARDEIL -☛ ET NOMMEE MARIE THERESE PAR M ELLE PORTAIS MA BIENFAITRICE. - Bas de la robe : FONDERIE DE BOLLEE (médaille) AU MANS - Bas de la robe : AMEDEE BOLLEE FILS AINE SUCCESSEUR - Panse : SOL

-Anses : classiques, caractéristiques de la fonderie BOLLÉE du Mans. -Haut des inscriptions : frise végétale et 2 filets. -Bas des inscriptions : 2 filets et une frise végétale. -Face sud-est : croix latine. -Face nord-est : clés de Saint-Pierre. -Face nord-ouest : iconographie d'une Vierge. -Face sud-ouest : Sacré Cœur. -Bas de la robe : 1 filet, nom de la fonderie, 1 filet, frise végétale, 1 filet, nom du fondeur, 1 filet et pour finir, plusieurs croix de consécration. -Panse : 2 séries de 3 filets (1 petit, 1 gros et 1 petit).



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La Cloche 3

Nom incomplet : "Georgette-Justine-?", Fondue en 1893 par Amédée. BOLLÉE fils aîné successeur au Mans (72), Note et Octave : La3, Poids fourni : 382, 5 kg, Diamètre fourni : 862 mm.

Inscriptions

Décors

- L'AN DE N. S. 1893, MGR MATTHIEU EVEQUE D'ANGERS, L FRUCHAULT CURE, J'AI ETE BENITE POUR LA PAROISSE DE JUVARDEIL - ☛ ET NOMMEE GEORGETTE JUSTINE  (…) IE PAR MES BIENFAITEURS MR ET MME DUBOIS. - Bas de la robe : FONDERIE DE BOLLEE (médaille) AU MANS - Bas de la robe : AMEDEE BOLLEE FILS AINE SUCCESSEUR - Panse : LA

-Anses : classiques, caractéristiques de la fonderie BOLLÉE du Mans. -Haut des inscriptions : frise végétale et 2 filets. -Bas des inscriptions : 2 filets et une frise végétale. -Face sud-est : iconographie d'une Vierge. -Face nord-est : Sacré Cœur. -Face nord-ouest : croix latine. -Face sud-ouest : clés de Saint-Pierre. -Bas de la robe : 1 filet, nom de la fonderie, 1 filet, frise végétale, 1 filet, nom du fondeur, 1 filet et pour finir, plusieurs croix de consécration. -Panse : 2 séries de 3 filets (1 petit, 1 gros et 1 petit).

La plaque du moteur linéaire cachant certaines inscriptions, le nom de la cloche n'a pas pu être relevé dans sa globalité.


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La Cloche 4

Nom : "Léontine-Joséphine", Fondue en 1893 par Amédée. BOLLÉE fils aîné successeur au Mans (72), Note et Octave : Do4, Poids fourni: 230 kg, Diamètre fourni : 728 mm.

Inscriptions

Décors

 ​- L'AN DE N. S. 1893, MGR MATTHIEU EVEQUE D'ANGERS, L FRUCHAULT CURE, J'AI ETE BENITE POUR LA PAROISSE -☛ DE JUVARDEIL ET NOMMEE LEONTINE JOSEPHINE. CANTEMUS DOMINO. - Bas de la robe : FONDERIE DE BOLLEE (médaille) AU MANS - Bas de la robe : AMEDEE BOLLEE FILS AINE SUCCESSEUR - Panse : DO

-Anses : classiques, caractéristiques de la fonderie BOLLÉE du Mans. -Haut des inscriptions : frise végétale et 2 filets. -Bas des inscriptions : 2 filets et une frise végétale. -Face sud-est : iconographie d'une Vierge. -Face nord-est : clés de Saint-Pierre. -Face nord-ouest : croix latine. -Face sud-ouest : Sacré Cœur. -Bas de la robe : 1 filet, nom de la fonderie, 1 filet, frise végétale, 1 filet, nom du fondeur, 1 filet et pour finir, plusieurs croix de consécration. -Panse : 2 séries de 3 filets (1 petit, 1 gros et 1 petit).

Le mot écrit en orange, est à prendre avec des pincettes, car il était moins visible sur la cloche. Logiquement, il est bon !



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Les poids des cloches ont été calculés via le diamètre et l'épaisseur avec une marge d'erreur de 3%.




Un immense merci à...

- La mairie de Juvardeil, pour son accueil le jour de l'intervention et pour le prêt des clés de l'église et du clocher.

- Madame Juanita FOUCHER, maire de la commune, pour les autorisations d'accéder au clocher de l'église et de mise en volée des cloches pour la réalisation du reportage vidéo.

- Monsieur Quentin BOISNAY (Le Patrimoine Campanaire de l'Ouest), cher ami et collègue campanographe, pour m'avoir fourni les poids et les diamètres des cloches à partir du livre d'atelier d'Amédée BOLLÉE (1885 - 1903) aux Archives départementales de la Sarthe.



Sources :

- BOLLÉE, Amédée, Livre d'atelier (1885 – 1903) , Imp. Ernest Lebrault, Le Mans, 105 J 92 (AD 72), p.60.

- Relevé photographique personnels.

- Sources personnels.



Article rédigé par Le Sonneur des Carillons / Découvertes Campanaires en Val de Loire - 2025.


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